Pop Culture

Les Simpson: 28 ans de rire (très) jaune

Vingt-sept saisons de bons et (dé)loyaux services rendus à la ville de Springfield et à la chaîne Fox. Et la 28eme qui vient de débuter.Lancée en 1989, "Les Simpson" fait désormais partie intégrante de l’histoire de la télévision américaine. Pas mal pour une série foutraque qui, au départ, faisait dans la pitrerie potache.
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Décalé, saugrenu et féroce, ce court-métrage de l’équipe des Simpson, diffusé sur YouTube en 2015, pendant la campagne présidentielle, intitulé Trumptastic voyage. Bart y fait un voyage fantasmagorique dans la perruque de Donald Trump.
Les rockers aiment Homer et réciproquement. De g. à dr. : Elvis Costello, Tom Petty, Keith Richards, Mick Jagger, Lenny Kravitz et Brian Setzer.
Dans Simpson Horror Show, diffusé en 1996 aux États-Unis, deux extra-terrestres usurpent l’identité de Bob Dole et Bill Clinton afin de gagner l’élection présidentielle de 1996.

94 pays

ont acheté les droits de diffusion des Simpson

 

 

1 M $

le coût d'un épisode pour six mos de travail

 

 

200

personnes oeuvrent sur chaque épisode

 

 

500 M $ 

la fortune personnelle du créatur des Simpson

 

 

527 M $

les recettes mondiales pour Les Simpson, le film (2007)

 

 

27 800 000

spectateurs lors de la première saison aux États-Unis 

 

 

8 300 000

spectateurs pour Teenage Mutant Milk-Caused Hurdles, l’épisode le plus regardé de la 27e saison aux États-Unis 

 

 

100 prix

récoltés durant toute leur "carrière"

 

 

5 Md $

le montant des ventes de produits dérivés 

Matt Groening, le créateur des Simpson, l’admet volontiers : niveau scolaire, gamin, ses aptitudes n’avaient rien à envier à celles de l’incorrigible Bart, sa créature au prestige aujourd’hui planétaire. "L’école, se souvient-il, c’était le seul endroit où on me fichait la paix pendant que je dessinais."

Revenir sur la genèse des Simpson, cela équivaut désormais à se repasser un classique de la télévision américaine entamé à la fin du XXe siècle. Une série de sketchs imaginés par Groening, jusque-là apprenti gribouilleur dans la mouvance punk du L. A. de la fin des années 1970, et destinés à l’émission « The Tracey Ullman Show  » – qui se souvient ici de la comédienne et chanteuse britannique qui monta un véritable empire du divertissement aux États-Unis dans les années 1980-1990 ? Des petites séquences de quinze secondes ("Des formats courts que nous avons appris à truffer de gags", raconte Groening) qui très vite allaient se transformer en une série lancée sur la Fox un soir de décembre 1989, le 17 très exactement, pour partir ensuite à la conquête de la planète et révolutionner à jamais l’animation sur le petit écran. Car sans Les Simpson, peut-on croire que les séries d’animation American Dad!, Les Griffin (Family Guy en VO)et même BoJack Horseman auraient droit de cité aujourd’hui à la télévision ? "Personne dans notre équipe n’avait imaginé que la série aurait un tel succès" temporise néanmoins l’aimable Matt. Retour sur un phénomène à l’ampleur inattendue.

"Irrévérencieux sans jamais être réellement méchants, Les Simpson deviennent l’endroit télégénique où il faut être vu […] Les Rolling Stones, les Ramones, Johnny Cash, ainsi que Michael Jackson, un ancien résident du 10 Downing Street (Tony Blair) […] se sont amusés à prêter leur voix."
"Farouchement anti-Bush Jr, forcément proObama via un petit clip sorti en 2008 où le vote de Homer est truqué par les supporters de John McCain […], Les Simpson se veut le flambeau d’un esprit libertaire, séditieux et potache qui trouve ses racines dans Lampoon, la feue revue satirique lancée par trois anciens étudiants de Harvard."
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Lisa, présidente des États-Unis, dans l’épisode Bart to the Future (Les Simpson dans trente ans, en VF).
Bart à New York.
Portrait de groupe, ascendant Addam’s Family.
31 décembre 1990, Bart fait la couv’ de Time!
1995 : les marionnettes des Simpson défilent à Hollywood lors de la Christmas Parade.
Accueil royal à Londres pour Homer, en 2003, avec dans leurs propres rôles : l’auteure J. K. Rowling, le Premier ministre Tony Blair, le militant LGBT et acteur sir Ian McKellen (le Gandalf du Seigneur des anneaux).
Avec Mel Gibson, dans la saison 11.

MATT GROENING

Naissance en 1954 à Portland. Arrive à Los Angeles en 1977 après des études d’art dans l’État de Washington. Premier succès dans les années 1980 avec Life in Hell, série de comic strips sur un lapin nihiliste. Et premiers produits dérivés. Il imagine en quelques coups de crayons Les Simpson, inspirés de sa propre famille, en 1985, sur la demande de James L. Brooks. En 1998, il lance la série Futurama, au destin turbulent – "La pire expérience de [sa] vie d’adulte", selon lui – et qui connaîtra une nouvelle vie sur Comedy Central. Aujourd’hui, à 63 ans, richissime, il reste le producteur exécutif de la série.

JAMES L. BROOKS

Les Simpson n’est qu’une partie de la vie riche et prolifique de James L. Brooks, né à Brooklyn en 1940. En 1983, il réalise le film Tendres Passions, qui récolte cinq Oscars dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Pour le pire et le meilleur (1997), avec Jack Nicholson, est un autre de ses grands succès. On lui doit, en tant que producteur au cinéma, Big, La Guerre des Rose, Jerry Maguire. À la télévision, "The Tracey Ullman Show" lui sert de prétexte pour lancer Les Simpson, commandé à Groening. Il participe aussi au scénario des Simpson, le film en 2007.

SAM SIMON

Il voit le jour en 1955, à Los Angeles. Après des études à Stanford, il début comme auteur de bandes dessinées pour se reconvertir comme scénariste pour des séries cultes comme Taxi (avec Andy Kaufman) et Cheers (avec le jeune Woody Harrelson). James L. Books ayant produit Taxi, il est invité à travailler sur Les Simpson, dont il signe huit épisodes et sur lesquels il laisse une profonde empreinte. Il quitte la série en 1993, riche de plus d’une centaine de millions de dollars. Il décède d’un cancer en 2015 et livre sa fortune à des fondations pour la protection des animaux.

À la fois producteur (244épisodes) et scénariste de la série, Al Jean voit le jour à Detroit en 1956. Diplômé de Harvard, il débute comme scénariste sur la série comique Alf avec un ancien ami de fac, Mike Reiss. Le tandem se retrouve sur Les Simpson et fait partie du premier pool historique de scénaristes. Il quitte Les Simpson après la saison 4 pour créer, toujours avec Reiss, la série animée Profession critique, un succès d’estime. Showrunner sur les saisons 3 et 4, Al Jean a pris les rênes de la série depuis la saison 13. C’est à lui que l’on doit la maturité des Simpson, l’acuité de son regard sur les travers de la société américaine, et sa consécration à l’international.

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