Quand la mode descend dans la rue
Comme toujours, quand la mode est dans le coup, on se demande si la démarche est nécessaire ou gratuite, juste bonne à faire du clic ou à aérer les neurones de journalistes engoncés, deux fois trente jours par an, dans des halls obscurs. Pour Marc Jacobs, qui a donc orchestré son show automne-hiver 2017/18 à la Seventh Regiment Armory puis sur Park Avenue, il fallait nécessairement le fouler, ce pavé : “C’est pendant mes études à la High School of Art and Design que j’ai commencé à sentir et comprendre l’influence du hip-hop sur les autres genres musicaux, sur l’art et sur la mode. Cette collection est un témoignage de mon respect envers une génération qui restera à l’origine de la youth culture.” Quintessence du streetwear, le hip-hop n’est pas né de la cuisse de Kanye West : il a vu le jour dans le Bronx, au tout début des années 1970, porté par des break dancers de rue, magnats du tag et du beatbox. Ce n’est pas qu’à New York que la rue a façonné la mode : le style kawaii est né dans le quartier tokyoïte de Shibuya ; le style hippie, sur les pelouses de Woodstock ; le punk, à Hampstead. Alors, quoi de plus cohérent que de défiler à l’air libre ?
“C’est un juste retour des choses. Il n’y a pas plus franc comme point de vue que de rendre hommage à l’endroit où la mode est née. C’est un peu premier degré en même temps de dire que l’on rend hommage à la street culture en sortant dans la rue”, analyse Pascal Monfort, qui dirige le cabinet de conseil en tendances REC.