Pop Culture

1995-2002: R.I.P les 1ers rois du net

Que sont devenus les précurseurs du funky net ? Ces pionniers du web à peine sortis de l’adolescence étaient les stars de la fin des 90s en France. En 2000, quand la bulle internet a éclaté, seule une poignée a survécu. Revue de destins avec ces ex-jeunes gens pleins d’avenir qui pensaient changer le monde.
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À la fin des années 1990, on ne voyait qu’eux. Dans les médias, les petits princes du net s’affichaient, sourire aux lèvres, follement amusés par le joli tour qu’ils étaient en train de jouer aux "vieux", c’est-à-dire ceux qui avaient plus de 30 ans. Et puis, après l’éclatement de la bulle internet, au début des années 2000, les barons du capitalisme, de "vrais vieux" ceux-là, ont sifflé la fin de la récréation.

 

 

Les start-ups ont plié bagages, quelques petits malins ont pu récupérer du cash, mais l’immense majorité est allée chercher refuge dans la "vieille économie". Le plus souvent en toute discrétion. "C’est vrai que, pour certains, l’atterrissage a été violent, explique Stéphane Ducreux, qui a dirigé l’antenne française du site de recrutement TalentManager.com de 1999 à 2001. Moi, j’avais déjà 30 ans et j’avais eu la chance de travailler chez Avis avant de me lancer dans le net. Je savais donc que ce que nous vivions n’était pas la vraie vie. Mais pour les plus jeunes, la chute a été terrible…" Un peu plus de quinze ans après cette ruée vers le 2.0, tout le monde ou presque est rentré dans le rang. Mais les têtes d’affiche sont toujours là, dans l’ombre, à tirer les ficelles. Jérémie Berrebi, le Mozart du net français, n’était pas encore majeur quand il est devenu une star des médias, dans la deuxième partie des années 1990. Aucune des sociétés qu’il a fondées à cette époque n’a survécu, mais il est devenu un business angel redoutable. Depuis le milieu des années 2000, il vit en Israël. Mystique, il étudie le talmud et gère des fonds d’investissement, tout en donnant des conférences, comme le gourou qu’il n’a jamais cessé d’être. Pierre Kosciusko Morizet, le fondateur de PriceMinister, n’est pas parti avec l’eau du bain de l’éclatement de bulle internet et a revendu son entreprise à la société japonaise Rakuten pour plus de 250 millions d’euros en 2010, dont 40 millions rien que pour lui. Il a quitté définitivement la société en 2014 pour devenir un business angel prospère.

"En mars 2000, Himalaya est introduite en Bourse [...] les fondateurs pèsent déjà plus de 50 millions d'euros. Mais deux ans plus tard, le cours est au plus bas, les résultats sont plombés. En mars 2003, Himalaya est déclarée en cessation de paiements."

Chute du cours des actions

boo.com
Le symbole du gâchis

Les jeunes suédois ernst Malmsten, Kajsa leander et Patrik hedelin fondent Boo.com en 1998 avec cette idée simple : vendre des vêtements en ligne. Ils lèvent 135 millions de dollars début 1999 et deviennent des stars mondiales. Bernard Arnault a investi 8 millions dans l’aventure, leur site n’est toujours pas lancé, ils ne vendent rien, mais le buzz les propulse au sommet. l’entreprise est valorisée à 400 millions de dollars, 500 personnes sont engagées, mais le lancement est retardé à cause de problèmes techniques. Quand le site ouvre, en novembre 1999, rien ne fonctionne. Trop compliqué pour les ordinateurs de l’époque, inutilisable sous Mac. L’échec, retentissant, aboutira à la faillite de la société, le 18 mai 2000. Arrivé trop tôt, Boo.com est le symbole de la chute des start-uppers de la première génération. en dix-huit mois, près de 140 millions de dollars auront été brûlés. Pour rien.

Baby-foot et distributeurs de bonbons

Mars 2002. Le président Jacques Chirac, alors en pleine campagne électorale, se fait expliquer les subtilités du chat sur internet dans les locaux de Caramail, à Paris.

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