Joaillerie

Laure-Isabelle Mellerio : "L'entreprise est comme mon cinquième enfant"

Place Vendôme, les femmes sont en majesté. Pas seulement les clientes, venues choisir parmi de somptueuses pièces de haute joaillerie, mais aussi les créatrices, qui renouvellent sans cesse la tradition et mettent en valeur des pierres merveilleuses.
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Laure-Isabelle, elle, assure la direction artistique depuis l’été dernier. “Je ne suis pas arrivée à ce poste directement. J’ai passé un an dans les archives, à regarder tous les dessins, à revivre l’évolution de l’histoire de l’art à travers les bijoux. Puis j’ai suivi la construction d’une collection. J’ai pris du temps, un temps d’observation.” Elle dit ne pas être du genre fonceuse. On la croit. Ferme mais assez pudique. Assurément heureuse d’être là où elle est aujourd’hui. “Enfant, je voulais être professeure de ski ou de dessin.” Elle fera du dessin, portée par un environnement familial non pas d’artistes mais de personnes sensibles aux belles choses – des collectionneurs. Elle se spécialise dans l’architecture d’intérieur, peaufine sa culture à l’École du Louvre. “Je travaillais et j’allais à l’école. Je me suis spécialisée dans l’architecture et les décors des grandes demeures.” Elle y apprend une chose qui lui servira toute sa vie : rechercher dans l’espace la meilleure combinaison entre volumes, couleurs et matériaux. Pendant vingt ans, Laure Isabelle exerce le métier d’architecte à son compte.

Puis vient le moment de Mellerio. “Cela faisait plusieurs années que personne ne tenait la direction artistique. Rien n’était réellement structuré”, avoue-t‑elle. Laure-Isabelle rêve d’un nouveau souffle, de jeunesse, de modernité : “Je ne souhaite surtout pas renier notre héritage. Cette maison est magique, elle a tout, les matières premières les plus extraordinaires, mais c’est comme si elle s’était un peu épuisée.” Son idée ? Imaginer une collection privée, onze pièces, de bal et de cocktail, des créations très colorées, qui racontent chacune une histoire. Focus sur cette bague “Porto Ercole” truffée de petites boules de corail qui ornent un saphir ovale padparadscha de 4,03 carats, que Laure Isabelle réveille par le vert des tsavorites. Sa collection, présentée en juillet dernier pendant la semaine de la haute couture à Paris, est un succès. Quand on lui demande si elle pense qu’être une femme lui permet de mieux créer ce désir, d’être même une des raisons de cet engouement, sa réponse tombe comme une évidence : “C’est important d’être une femme créatrice de bijoux, on parle aux femmes, on s’adresse à elles, comme on s’adresserait à nous."

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"Quand une femme achète un bijou, c’est un acte très personnel, il y a beaucoup d’émotion. Son choix pour telle ou telle pièce est emblématique, il est le prolongement de son caractère.” D’ailleurs, elle le prouve par le lien qu’elle entretient avec ses bijoux et le choix des pièces qu’elle porte le jour de notre rencontre : au cou, un pendentif qui appartenait à sa mère – “c’est affectif, comme un grigri”. Au poignet, une gourmette à laquelle sont accrochées cinq médailles, qui portent chacune le prénom des hommes de sa vie – “j’ai mes cinq hommes toujours avec moi”. On voit aussi un bijou avec un cheval, un scarabée en cristal de roche, une bague que l’on sait extraite de la collaboration avec le couturier Alexandre Vauthier. Mellerio est certes le “joaillier des reines”, comme l’histoire ne cesse de le dire, mais Laure-Isabelle est bien décidée à les faire sortir de leur palais.

www.mellerio.fr

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