À quoi ressemble le musée idéal ?
En exclusivité pour L’Officiel Art, Mark Manders a créé par images fragmentées un “Faux Musée” dans lequel il dispose des photographies de son atelier et des images d’un faux studio de création, illustrations trompeuses d’un travail pétri d’irréalité et d’onirisme. Car “l’autoportrait comme construction“, tel est le sujet du travail de l’artiste, depuis 1986. Tour à tour écrivain et architecte, l’artiste, inlassablement, se perd pour mieux se retrouver dans la construction d’un bâtiment ctif, dont la taille et la forme ne sont jamais précisément déterminées. A la manière d’un archéologue, il met au jour avec lenteur et délicatesse l’œuvre d’art pour nalement la révéler. Il n’y a ni début ni n à ce processus.
La construction se prolonge, comme une métaphore du désir d’intemporalité et d’universalité auquel l’artiste aspire. Des gures humaines amputées, tronquées, découpées, dialoguent avec des éléments d’architecture, chaises et cheminées notamment. Les sculptures et les installations ajoutées n’ont de cesse de créer des espaces où la réalité et la métaphysique se mêlent, et où même le bronze semble fragile. Les bâches sur lesquelles il dispose ses œuvres, ou qui tantôt les recouvrent, participent de la projection de cet espace mental rêvé, où le passé, buriné comme une ruine, affronte le futur.
Le temporaire doit fait face au permanent. “Cette construction peut s’étendre ou s’effondrer à tout instant. Dans cet édifice, tous les mots créés par l’humanité sont à portée de main. Le bâtiment se pose, comme les mots, à l’écart de la vie et des choses”, écrit Manders à propos de son œuvre (1996).